Avec La Femme de ménage (Housemaid), Paul Feig s’aventure dans le thriller domestique : maison parfaite, couple parfait et une femme de ménage qui comprend vite que tout, ici, est une mise en scène. Cette critique de La Femme de ménage ne vous vend pas un grand film sur l’emprise mais un divertissement noir, plutôt bien réglé, parfois franchement cousu de fil blanc et souvent regardable.
Un “domestic thriller” au cordeau : la mécanique avant la psychologie
Le film déploie ses signes avec une franchise presque traditionnelle : portes closes, regards qui glissent, silences trop polis et une tension qui grimpe par petites touches. Le problème, c’est que la tension vient surtout de l’architecture du récit, pas d’une exploration profonde des comportements. La mise en place fonctionne mais on sent rapidement les rails.

Amanda Seyfried et Sydney Sweeney : duel d’actrices, moteur du film
Le principal plaisir du film, ce sont ses actrices. Amanda Seyfried électrise chaque scène : imprévisible, nerveuse, dangereuse sans forcer. Sydney Sweeney, plus en retenue, tient le point de vue et la progression dramatique avec une présence solide, même quand le scénario accélère un peu trop.
Emprise et pathologies : un vrai sujet… traité comme un accessoire
C’est là que La Femme de ménage laisse une impression mitigée. Le film effleure l’emprise, la manipulation, certains enjeux psychiatriques mais préfère les raccourcis utiles à l’intrigue. Tout est pensé pour le retournement, la révélation, le tempo. Résultat : on frissonne, on suit, parfois on lève un sourcil.
Verdict : un thriller bien emballé, mais pas un grand film “psy”
En bref, la critique de La Femme de ménage tient en une formule : un thriller domestique efficace, porté par un duo d’actrices, mais qui choisit la vitesse plutôt que la profondeur. Si vous cherchez un film “sur” l’emprise, vous resterez sur votre faim. Si vous voulez un manège noir bien filmé, vous pouvez monter.
La note du Métèque : ★★★☆☆
